EPIK HOTEL

Amlettino (work in progress)

monologue sur la figure d'Hamlet pour un ou une comédienne à destination du public adolescent - création prévue en 2022

Distribution

Texte de Dorothée Zumstein
à destination du public adolescent pour 1 comédien.ne d’Epik Hotel distribution en alternance
Mise en scène Catherine Umbdenstock
Espace et costumes Claire Schirck
Régie générale Pierre Mallaisé

Production

Epik Hotel

Avec le soutien de

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Résidences

Printemps 2022

Amlettino est la première étape d’un projet sur le long-court. Une façon d’aborder le personnage de Shakespeare, de le faire nôtre, de rencontrer le public adolescent par le biais d’une forme courte, drôle, légère, avant de monter l’intégralité de la pièce Hamlet de Shakespeare avec les comédiens d’Epik Hotel, dans une nouvelle traduction de Zumstein, en 2023.

À travers «Amlettino», nous voulons proposer à un public adolescent une approche drôle, et tout aussi grinçante, d’un grand personnage de la littérature dramatique. Nous chercherons surtout à créer une rencontre immédiate et à portée de main, entre les questionnements de la jeune génération et ceux, immuables, du théâtre élisabethain.

Nous irons pour cela à la rencontre des adolescents, pratiquant ou non le théâtre, pour être au plus proche de leur parlé, de leur quotidien. Nous questionnerons également de grands comédiens (et comédiennes) ayant eu le «privilège» d’incarner ce rôle-titre.

Hamlet ou le choc de la rencontre théâtrale

par Dorothée Zumstein, auteure

J’ignore si j’étais déjà familière avec la notion de travestissement dans le théâtre de William Shakespeare, quand j’ai pour la première fois interprété (dans la salle allouée pour l’occasion
au providentiel Club Théâtre apparu cette année-là au Lycée Victor-Hugo pour disparaître hélas l’année suivante) le grand monologue de Hamlet. J’étais en classe de troisième et je me souviens très bien – outre de la traduction de François-Victor Hugo – de la tenue que je portais ce jour-là : chemise de grand-père achetée aux Puces de Clignancourt, pantalon fuseau noir et cravate non attachée (c’était la mode). Je me souviens que ma découverte de Shakespeare, à la n de la classe de cinquième, coïncidait avec deux autres fascinations majeures : les romans d’Agatha Christie – où la brutale réalité de la mort est éclipsée par la jubilation que suscite la résolution du crime par Poirot ou Marple – et le cinéma d’Alfred Hitchcock, avec son suspense, son humour et ses villains qu’on adore détester.

La découverte de Shakespeare – où la barbarie et l’humour cohabitent, où les crimes se déroulent sous nos yeux et non hors-champ ou en coulisse comme dans notre théâtre classique, où les morts sortent de leurs tombeaux pour désigner leurs assassins, et où la parole est souvent don- née à des personnages en proie à l’injustice ou au malentendu – a constitué un choc pour l’ado- lescente que j’étais. C’est qu’il y a – je crois – et bien au-delà de la question du genre – un rapport profond entre le personnage de Hamlet et l’adolescence, cette période où l’on s’attend vivre dans une longue impatience doublée d’une agitation permanente. Celle-ci fait terriblement écho à l’incapacité d’agir de Hamlet et à sa répugnance à prendre sa place dans le monde tel qu’il est – avec ce que cela implique à ses yeux de lâchetés, de compromission ou de trahison de soi.

Perdu dans le temps et l’espace, Hamlet – comme en suspens – transporte d’un lieu à l’autre un corps encombrant. Proche en cela du « purgatoire de la jeunesse » (l’expression est de Françoise Dolto) que constitue l’adolescence.

par Catherine Umbdenstock, metteure en scène

Hamlet ! Quel personnage ! À le lire et le relire, à le voir et le revoir encore… Personne n’en vient à bout. C’est magique et en cela, c’est un texte nécessaire. Tout autant que fondateur, il est aussi visionnaire. Je ne sais plus si je parle du texte ou du personnage…

J’ai 17 ans et j’assiste à la création d’Hamlet par la comédienne allemande Angela Winkler au TNS. Je ne savais pas pourquoi, mais j’étais convaincue alors, d’avoir assisté à quelque chose qui ferait date. Je rentre chez moi. Hmm… personne ne semble avoir changé, ni dans ma famille, ni dans mon village… Mais cette silhouette aux longs cheveux noirs, ce pantalon en cuir, cette épée avec laquelle le personnage d’Hamlet, joué par une femme, déambulait… Je prends conscience du

pouvoir des mots et de la scène. Ces images et ces sensations qui perdurent, même la représenta- tion terminée. La sensation également de ne pas avoir tout compris de l’intrigue, mais savoir que justement, j’assistais à quelque chose d’éxigeant, de complexe. Une complexité dans laquelle, adolescente, j’adorais me plonger.

Hamlet est un personnage qui creuse, profond – des limbes d’où surgit le spectre – et qui s’envole, tout à la fois, avec les mots et les pensées. Il se tord comme un point d’interrogation, celui qui vient s’accrocher à nos questions existentielles. J’aimerais savoir à quoi ressemblerait un Hamlet d’aujourd’hui, dans notre monde et notre temps. Un garçon, une lle ? Peu importe. Ou bien si, justement : volontairement androgyne. Politiquement en con it avec les archétypes homme/ femme de l’ancienne génération. Celle de ses parents. Outre la question du «genre», Hamlet se pose et nous pose celle de «l’action». Aujourd’hui, il/elle – Amlettino/Amlettina – serait enfermé.e dans sa chambre, avec un vieil exemplaire de l’oeuvre de Shakespeare… comment cela ferait résonner sa vie à l’intérieur de ses 4 murs, et au-delà?

Notre Hamlet ou «Amlettino»

par Catherine Umbdenstock, metteure en scène

C’est avec ces intentions – ces intuitions – que je vais retrouver l’autrice Dorothée Zumstein. En plus d’écrire ses propres pièces, elle est traductrice de Shakespeare – dans une langue écrite pour la scène et pour les acteurs (qu’elle aime et qu’elle connait!). Dorothée livre également des textes, pour les Tréteaux de France ou La Comédie Française, inspirés par des témoignages qu’elle réalise elle-même, et destinés à un large public adolescent.

Je vais donc, accompagnée par les comédiens et créateurs de l’ensemble Epik Hotel, retrouver Zumstein et lui passer pour la 2ème fois commande d’un texte original. 2 versions d’un même monologue, l’un pour les comédiens l’autre pour les comédiennes d’Epik Hotel.

Un long monologue, car c’est l’arme favorite du Hamlet shakespearien. C’est celui qui lui permet d’être en constant dialogue avec le public.

par Dorothée Zumstein, auteure

« Amlettino » aura pour protagoniste un(e) adolescent(e). Il reprend les éléments de la tragédie de Shakespeare :
– un père (ou une mère) adoré(e)
– un beau-père/belle mère prenant la place du parent absent

Nous nous amuserons à créer de véritables archétypes dans l’environnement de notre jeune Amlettino. Un beau-père roi de la pizza, mais qui, comble du mauvais goût, propose une spéciale pizza-saumon-fumé-crême-fraîche ! Ou bien une belle-mère, reine des ventes du dernier eyliner !

À partir de ce thème, de nombreuses variantes sont possibles : le rôle pourra notamment être tenu indifféremment par une jeune femme (jouant un jeune homme, ou jouant une jeune femme déguisée en jeune homme) ou un jeune homme – traitement faisant écho au thème du traves- tissement chez Shakespeare. De même on pourra varier le genre des parents/beaux-parents, au l des représentations (Claudius le beau-père pourra être une Claudia et Hamlet-père, une mère prématurément disparue…).

En outre, notre personnage adolescent(e) fréquentera bien entendu le club théâtre de son col- lège/lycée. Et découvrira Shakespeare – et Hamlet. Dans sa chambre, il tentera l’apprentissage du monologue «To be or not to be». Ce qui pourra nous permettre de décliner un autre thème émi- nemment shakespearien : le théâtre dans le théâtre.