PROCHAINES Représentations

21 janvier 2016
Le Théâtre d'Auxerre
7 avril 2016
Théâtre Gaston Bernard de Châtillon-Sur-Seine

 

Derniers EXTRAITS DE Presse

France Culture, 23 novembre 2014
Changement de décor, une émission de Joëlle Gayot à écouter

Le Monde, 30 mai 2014
Molière contre l'apathie des trentenaires : une adaptation rageuse de l'Avare, par Brigitte Salino

Magma Bourgogne, 26 juin 2014
PeterLicht porte l’avarice d’un Harpagon, transposé trois siècles et demi plus tard à son paroxysme, on l’appelle désormais : le Capitalisme, par Jérôme Gaillard

 

Distribution

Traduction Katia Flouest-Sell
Mise en scène Catherine Umbdenstock
Dramaturgie Karin Riegler
Scénographie Elisabeth Weiß
Costumes Claire Schirck
Lumières Manon Lauriol
Régie générale, son et vidéo Fred Hug
Construction décor Florian Méneret
Production Marion Schmitt & Charlotte Vallé
Administration & Diffusion Charlotte Vallé
Avec Nathalie Bourg, Chloé Catrin, Clément Clavel, Charlotte Krenz, Lucas Partensky, Claire Rappin

 

Production

Production epik hotel, coproduction La Filature, Scène nationale de Mulhouse
Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Alsace,
l'Agence Culturelle d'Alsace «Les Régionales», la Ville de Strasbourg, le Conseil Général, le Théâtre de la Commune CDN d'Aubervilliers, l'Ecole HfS Ernst Busch Berlin, l'OFAJ, Le Goethe Institut, Les TAPS – Strasbourg, Relais Culturel de Wissembourg, Relais culturel de Haguenau, Relais Culturel de Thann, la maison d'éditions schaefersphilippenTM Theater und Medien GbR - Cologne. Avec la participation artistique du JTN.

 

A CONSULTER

Dossier complet de création
Revue de presse
Extraits du texte
Site Internet de PeterLicht

 

Diffusion

du 19 novembre au 7 décembre 2014
La Commune – CDN d’Aubervilliers
14 & 15 novembre 2014
La Filature – scène nationale de Mulhouse, Festival Scène d’automne en Alsace
du 25 au 27 mai 2014
Festival Théâtre en Mai – Dijon Bourgogne
du 20 au 28 mars 2014
Tournée Les Régionales à Wissembourg, Thann & Haguenau
du 11 au 16 mars 2014
création au TAPS-Scala – Strasbourg

 

credits photos © : Elisabeth Weiß, Alain Kaiser & Vincent Arbelet

L'Avare : un portrait de famille
en ce début de 3ème millénaire

de PeterLicht d'après Molière, mise en scène Catherine Umbdenstock

Capitalisme vs. quête de soi
Le conflit de génération n'est pas une invention de nos sociétés modernes. Molière, déjà, savait sur quoi il reposait : l'argent. Dans sa réécriture musicale autant que radicale, l'auteur allemand PeterLicht situe l'action dans « un pays dans lequel il y a beaucoup trop de tout, mais de façon inégalement répartie ». Le père possède l'argent et ses enfants veulent l'avoir. Mais pas de révolte en vue. C'est l'histoire d'une jeunesse occidentale, engluée dans l'attente de pouvoir consommer. Le texte a été crée en février 2010 au théâtre Maxim-Gorki de Berlin dans une mise en scène de Jan Bosse. L'ensemble Epik Hotel présente pour la première fois cet auteur en France.

« Il a pas compris le truc : ça doit couler, le fric, le blé, le pèze, le pognon, l'oseille, les ronds… aller et venir, se transformer. Changer de forme. Passer d'un état à un autre. De l'état TON FRIC à l'état MON FRIC. Rester en circulation quoi. Température de régime 37°. L'argent, faut même pas le laisser refroidir. De ta main à la mienne. De la mienne à la tienne et ainsi de suite ». Cléante, fils d'Harpagon (1ère Partie, 1ère scène)

Contradictions : être consommateur et être profondément soi.
Comme le choix du sous-titre le souligne, « portrait de famille », l'accent est mis sur le lieu-source de tous les conflits, cette micro-société dirigée par le tyrannique Harpagon : le cercle familial. Et chez PeterLicht, personne ne reste très longtemps dans l'ombre du despote patriarcal. Les personnages prennent tour à tour la parole sous forme de monologues. Ainsi, le valet La Flèche, le fils ou bien l'oncle/tante, acquièrent une dimension plus complexe, moins évidemment archétypée. Marianne, « la » femme est ici un personnage absent, qui se fait attendre. Mais pour combien de temps ? La roue tournera sans cesse, les spectateurs changeront de camps, forcés à chaque fois de réinterroger leur jugement : qui a raison dans ses choix de vie, l'Avare ou ses enfants ? Nous cherchons à présenter le conflit de génération de façon paradoxale – résolument contemporaine. D'un côté l'avarice d'Harpagon sera perçue, non plus comme une névrose, un vice, mais comme un refus des dictats du capitalisme. De l'autre côté, le comportement de la jeunesse est présenté comme de l'oisive cupidité. Non sans ironie, c'est le portrait d'une jeunesse loquant sur son canapé, qui est dressé, une jeunesse refusant de grandir, et qui exige – sur le compte de ses parents - la reconnaissance de son statut d'éternels jeunes actifs en difficulté.

« Je ne veux pas de tout ça. Ce que je veux : vivre ma vie. Chaque moment passé est véritable. Voilà ce que je me dis. Mais moi je suis en dehors de tout ça. Je ne veux pas faire partie de ce va-et-vient. Je veux sortir du système. Je voudrais juste m'arrêter. Faire une pause. Et retenir. Et aspirer. Rien donner. » Harpagon (1ère partie, 7ème scène)

La Langue : entre parade et slam.
PeterLicht, musicien avant tout, propose des « surfaces de textes » à se mettre en bouche, rythmées sur le modèle des conversations rapides, « chatées ». On surfe sur l'aspect extérieur, matériel, des choses. On manque de mots pour exprimer aux autres ses aspirations plus profondes. Les joutes amoureuses s'enclencheront sur pilote automatique, la famille dans son entier tournera sur elle-même. Le comique de La Commedia se manifeste sous la forme de dialogues toujours concis, réduits à l'essentiel, qui se répètent, frôlant l'absurdité. Alors que l'amour est réduit à l'état d'anecdote, l'argent - à la fois son manque et ses promesses de bien-être - , est l'unique constante fédératrice, garante de l'accomplissement de soi. Un happy end tronqué : tout le monde est heureux car personne ne renonce à son propre intérêt.

Reportage France 3 Bourgogne du 26 mai 2014
extraits de L'Avare : un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire et interview de Catherine Umbdenstock dans le cadre du Festival Théâtre en Mai, CDN de Dijon